Un soir, j'ai trouvé une feuille morte sur ma table.
Il ne restait rien de tous les papiers noircis de mots que j'avais écrits pendant des mois. Des montagnes de feuilles qui s'accumulaient jusqu'au matin même, tout avait disparu. Ma grande table était vide, baignant dans la clarté douce que répandait une petite feuille morte posée au milieu, comme une reine.
Je vérifiai que la lucarne au-dessus était bien restée fermée, comme je vérifiai pour ainsi dire dans ma pensée qu' elle n'était pas venue faire le ménage dans ce grenier qu' elle ignorait... où je montais à l'assaut de l'arbre en écrivant, croyant pouvoir donner vie à la feuille végétale, sans jamais y parvenir.
C'était fini. Une petite feuille morte me répondait, légère, dans sa douce lumière ocrée. Elle savait tout. Mes oreilles, mes yeux, s’écarquillaient pour l'entendre.
Bientôt son bonheur m'envahit. Je dévalai l'escalier, courant vers celle que je croyais encore retrouver.
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